Si vous avez déjà passé du temps à régler des voiles ou à régater à toutes les allures, vous avez sans doute entendu le terme « VMG ». Mais savez-vous vraiment ce qu’il signifie, comment le calculer et comment l’exploiter à votre avantage tactique ?
La VMG, ou Velocity Made Good, est bien plus qu’un simple terme technique de voile. C’est l’un des indicateurs de performance les plus puissants pour les navigateurs qui veulent aller plus vite, plus intelligemment et plus efficacement vers une destination, en particulier au près ou au portant. Que vous régatiez ou que vous fassiez de la navigation hauturière, maîtriser la VMG vous permet de transformer chaque nœud de vitesse en progression réelle.
Cet article démystifie la VMG, vous montre comment la calculer et révèle comment les meilleurs navigateurs s’en servent pour prendre des décisions éclairées sur l’eau.
Qu’est-ce que la VMG en voile ?
VMG signifie Velocity Made Good, c’est-à-dire la vitesse à laquelle votre bateau progresse vers un point précis, généralement au près vers la bouée ou au portant vers la destination.
Il est important de distinguer la vitesse du bateau de la VMG. Votre bateau peut avancer à 6 nœuds dans l’eau, mais si vous naviguez à un angle large par rapport à votre objectif, votre VMG peut n’être que de 3,5 nœuds, voire moins. En clair, la VMG vous dit : à quelle vitesse me rapproche-je réellement de là où je veux aller ?
Pourquoi la VMG compte pour les navigateurs
La VMG est essentielle lorsqu’on navigue contre le vent ou vent arrière, car on navigue rarement en ligne droite. Au près, les bateaux doivent virer ; au portant, ils naviguent souvent au largue plutôt que plein vent arrière pour de meilleures performances.
C’est là que la VMG prend tout son sens : elle vous aide à trouver l’angle d’attaque optimal, en équilibrant vitesse et cap pour obtenir la progression nette la plus rapide.
En régate, une VMG élevée fait gagner des bords. En croisière, elle réduit la consommation de carburant et le temps passé en mer. Connaître votre VMG vous aide à faire des choix tactiques plus judicieux : quand virer, quand empanner, quand abattre ou lofer.
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Comment calculer la VMG
La VMG se calcule à l’aide du cosinus de l’angle entre votre cap et le vent réel (ou le relèvement de la cible) :
VMG = Vitesse du bateau × cos(θ)
où θ est l’angle entre votre cap réel et le relèvement de la cible.
Par exemple :
Si vous naviguez à 6 nœuds à un angle de 45° du vent :
cos(45°) ≈ 0.707
VMG = 6 × 0.707 ≈ 4.24 nœuds
Cela signifie que votre bateau progresse effectivement vers le vent à 4.24 nœuds. Dès que vous abattez ou que vous serrez trop le vent, ce chiffre diminue.
Les lecteurs de cartes et applications de navigation modernes (comme SailGrib, Navionics ou Expedition) calculent automatiquement la VMG en temps réel à partir des instruments du bateau, ce qui la rend plus facile que jamais à utiliser comme outil tactique.
VMG au près : trouver le bon compromis
Au près, l’objectif est de serrer le vent au maximum sans décrocher ni perdre de vitesse. Trop haut, vous ralentissez (vitesse insuffisante) ; trop bas, vous devrez virer plus souvent (progression insuffisante).
La VMG vous aide à trouver le bon compromis entre le cap au près et la vitesse dans l’eau. On parle souvent de votre meilleur angle de près, qui varie selon le réglage des voiles, l’état de la mer et la force du vent.
Les navigateurs de haut niveau surveillent en permanence leur VMG au près pour :
Identifier le moment où un virement devient plus efficace
Déterminer s’ils serrent trop le vent ou s’ils font trop de route
Ajuster la forme et le réglage des voiles pour de meilleures performances
VMG au portant : au-delà du plein vent arrière
Beaucoup de plaisanciers pensent à tort que naviguer plein vent arrière est la solution la plus rapide. Or, dans la plupart des cas, naviguer au largue à plus grande vitesse offre une meilleure VMG que descendre lentement plein vent arrière.
C’est parce que les voiles travaillent plus efficacement à certains angles, surtout avec un gennaker, un spi ou un code zéro. En augmentant la vitesse du bateau, même en s’écartant légèrement de la route, vous augmentez votre vitesse nette vers votre destination.
La VMG au portant vous aide à :
Choisir l’angle d’empannage optimal sur les longs bords
Choisir le bon moment pour empanner afin de maximiser la vitesse
Décider quand envoyer ou affaler les voiles spécifiques
Outils et instruments qui affichent la VMG
La plupart des électroniques de navigation modernes intègrent une fonction VMG, généralement accessible sur :
Les lecteurs de cartes (Raymarine, B&G, Garmin)
Les applications de navigation et logiciels de routage (PredictWind, SailGrib WR, iNavX)
Les afficheurs d’instruments NMEA 2000
Ces systèmes calculent à la fois :
La VMG par rapport au vent (utile en régate et pour décider des virements)
La VMG par rapport au waypoint (idéale en croisière ou sur les bords de portant)
Assurez-vous que vos instruments sont calibrés et que les données de vent sont précises, sinon votre VMG ne sera pas fiable. En navigation en équipage réduit, envisagez de régler un mode de pilote automatique qui maintient la meilleure VMG.
Comment utiliser la VMG pour de meilleures décisions tactiques
En régate comme en croisière performante, la VMG guide chaque manœuvre. Les navigateurs avisés surveillent leur delta de VMG : la différence de VMG avant et après un changement de cap.
Par exemple :
Si vous virez et que votre VMG augmente de 0,5 nœud, vous progressez plus vite.
Si elle baisse, vous devrez peut-être revoir vos réglages ou réévaluer votre angle.
Sur les longues étapes, surtout au large, les navigateurs utilisent aussi les diagrammes polaires, des courbes personnalisées qui indiquent les angles de VMG optimaux pour chaque allure. Ils peuvent être intégrés aux logiciels de routage et aux pilotes automatiques pour une optimisation encore plus poussée.
Erreurs fréquentes dans l'utilisation du VMG
Courir après la vitesse du bateau plutôt que le VMG : aller plus vite ne veut pas toujours dire aller mieux.
Se fier au VMG par rapport au vent lors d'un bord de portant : utilisez plutôt le VMG vers le waypoint.
Négliger l'évolution des conditions : les angles de VMG changent avec la force du vent et l'état de la mer.
Ignorer la gîte et le confort : le meilleur VMG n'est pas toujours le plus tenable sur une longue croisière.
Utilisez le VMG comme une boussole, pas comme un dictateur. C'est une donnée parmi d'autres, et sa vraie force est de vous aider à prendre des décisions éclairées, en temps réel, sur l'eau.
En conclusion : naviguer plus intelligemment, pas seulement plus vite
Comprendre et appliquer le VMG ouvre un niveau de stratégie de navigation supplémentaire. Votre attention ne se limite plus à la vitesse pure : elle se relie à un objectif, atteindre votre destination plus vite, plus efficacement et avec moins d'erreurs.
Que vous régatiez autour des bouées ou que vous traversiez un océan, naviguer intelligemment avec le VMG vous permet d'exploiter chaque risée plus efficacement. Ce n'est pas une question de force brute, mais de navigation intelligente.
Avec les bons outils, les bonnes données et la bonne attention, le VMG devient bien plus qu'un chiffre. Il devient un état d'esprit.




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